L'histoire de Voilà

VOILÀ est considérée comme l'une des grandes entreprises de conception de vêtements autochtones de mode au Canada. Nous sommes fiers d’offrir des vêtements féminins entièrement canadiens et métis, magnifiquement conçus, confortables et issus du commerce équitable. Ces vêtements présentent un style autochtone original superbe et des détails faits main. De l’esquisse initiale jusqu’à la création des patrons, en passant par la coupe et la couture, tout est fièrement produit à Winnipeg. Notre style se décrit comme un harmonieux mélange de notes européennes et d’influences autochtones qui se décline dans un vêtement hyperconfortable. Et VOILÀ!

La designer explique qu’elle s’est vouée corps et âme à cette entreprise depuis les dix dernières années, solidement soutenue par sa communauté, ses premières clientes et ses parents, sans lesquels rien de tout cela n’aurait été possible. C’est dans le sous-sol de la maison de ces derniers qu’elle a établi son premier studio et commencé à donner libre cours à ses talents exceptionnels de designer pour offrir des créations qui portent la marque distinctive de son patrimoine personnel.

Tout commence par le tissu. Comme elle a dansé dans sa jeunesse et qu’elle est respectueuse de son environnement, Andréanne a choisi de privilégier comme éléments de base le coton biologique et la viscose de bambou. Elle a fondé son entreprise en se répétant le mantra suivant : « le confort est la meilleure tendance à suivre : il ne se démodera jamais ». Depuis 2006, Andréanne travaille avec une usine de tricot de Toronto que lui avait recommandé Craig Keilburger de l’organisation Enfants Entraide. Pour obtenir un confort optimal, Andréanne établit les caractéristiques de son propre tissu et les couleurs pour tous ses vêtements. En collaboration avec le tricoteur, elle a mis au point un molleton de bambou exclusif qu’on ne trouve nulle part ailleurs en Amérique du Nord.

« Je n’ai pas oublié d’où je viens. »

Pour Andréanne, qui aimerait offrir en partage son patrimoine métis et francomanitobain, c’est une question à la fois économique et culturelle. Depuis son enfance, elle est plongée dans un monde de textiles naturels, de motifs inspirés par les Prairies et d’arômes métis. Les imprimés floraux, les tissus soyeux et les lignes harmonieuses de ses vêtements s’allient pour évoquer les Prairies et la culture métisse. Son plus gros défi en tant que designer est de réussir à conjuguer créativité et exigences commerciales – deux aspects qui peuvent parfois être diamétralement opposés. L’attachement émotif à ses modèles et à tout le processus créatif qui s’y rattache est souvent mis à l’épreuve par l’approche méthodique qu’elle impose à son entreprise. Pour s’acquitter de ses deux rôles, Andréanne se fie à sa philosophie : le lieu de production, quel qu’il soit, comporte son lot de difficultés et sa part de risques. « Si l’on croit que chaque difficulté porte en elle des possibilités, on attirera des résultats positifs et les bonnes choses s’enchaîneront. » Avec son port élégant, son visage souriant et son enthousiasme à toute épreuve, personne ne pourrait deviner qu’Andréanne cache une détermination aussi farouche.

LES MOTIFS

 

LE CORBEAU DE VIE

Le corbeau pouvait se transformer en ce qui lui plaisait. Ce motif de l’artiste métis David Albert dépeint le corbeau comme une branche de vie. Dans la culture haïda, le corbeau est la plus puissante des créatures mythiques. Selon la tradition, il a donné le feu et l’eau aux humains, planté les arbres et l’herbe sur la terre, et placé le soleil et la lune dans le ciel.

 

BOULEAU SCRIMSHAW

Le « scrimshaw » désigne l’artisanat issu de gravures traditionnellement effectuées à l’aide d’aiguilles à coudre les voiles sur des os, puis noircies avec de la suie de bougie. L’artiste métis autochtone David Albert a peint ce bouleau à main levée qui lui a rappelé les gravures «scrimshaw». Son dessin a été sériégraphié sur du tissu. Les bouleaux jouaient un rôle important dans la survie des peuples autochtones. La couche extérieure de l’écorce servait à fabriquer les canots. Le bois était un excellent matériau pour les raquettes et les pagaies des canots. Les femmes autochtones utilisaient l’écorce de bouleau pour fabriquer des paniers pour la cueillette de fruits, des marmites pour cuisiner et des bols pour manger.

 

ESPRIT DU NORD

Pour les Inuits, l’ours blanc est l’incarnation de l’esprit du Nord, un animal porteur de la sagesse ancestrale. Les peuples autochtones des Plaines utilisaient les plumes de l’aigle dans les cérémonies en symbole de respect et de guérison. David Albert, un artiste métis, a capturé la beauté et l’essence de l’un et de l’autre dans son motif de style haïda.

 

HISTOIRE DE LA VIGNE DE CATHERINE

Les Sœurs Grises ont fait découvrir la broderie au fil de soie aux Métis de la rivière Rouge en 1844. Les Métisses en ornaient leurs vêtements. Les religieuses ont créé une école de mission à l’Île-à-La-Crosse où Catherine est née. L’ancêtre métisse d’Andréanne, Catherine, brodait selon le « style floral du lac Winnipeg ». Ce style se composait généralement de minuscules fleurs disposées en lignes sinueuses, de longues feuilles et de vrilles. Les fleurs étaient souvent des rosettes, brodées en couches superposées de rouges et de roses. Andréanne s’est inspirée des modèles de broderie de Catherine, que possède toujours sa famille, pour créer la Vigne de Catherine.

 

SAULE À FRUITS ARGENTÉS

Les Autochtones utilisaient l’écorce de saule pour soulager la douleur et la fièvre. La médecine moderne a découvert que l’écorce de saule contenait l’extrait médicinal, l’acide salicylique (salix veut dire saule en latin). Ce produit chimique est l’ingrédient actif de l’aspirine bien connue. David Albert, un artiste métis, a choisi cet important exemple de la nature pour créer ce motif.

 

MOTIF FLORAL DE LA RIVIÈRE ROUGE

Synonyme d’harmonie et de fierté, le motif floral de la rivière Rouge est inspiré d’une broderie perlée traditionnelle d’origine distinctement métisse. Les Métis étaient connus comme le « peuple aux motifs perlés de fleurs ». Candace Lipischak, artiste métisse de Winnipeg, a créé ce motif qui fusionne les dessins floraux européens et la fleur traditionnelle de la rivière Rouge (au centre), réunissant ainsi la culture et la Terre.

 

NOTRE INSPIRATION

 

DAVID ALBERT

David Albert est né et a grandi à Fisher Branch, au Manitoba. Il est un artiste autochtone audidacte. Au début des années 1970, alors qu’il enseignait les arts, son amour de la nature lui a donné l’occasion de participer à de nombreuses activités en plein air avec ses élèves. Il est ensuite devenu conseiller artistique auprès du ministère de l’Éducation du Manitoba. Il est fier de ses racines métisses et il est cofondateur et président sortant du Conseil Elzéar Goulet, qui constitue la seule section locale métisse de langue française de la Fédération des Métis du Manitoba. Il a participé à la création de l’Association étudiante métisse au Collège universitaire de Saint-Boniface. Pendant plus de 40 ans, il a activement participé au Festival du voyageur et à titre d’ancien voyageur officiel, il consacre encore de nombreuses bénévoles au Festival. Il a récemment accepté de faire partie du conseil d’administration du Manito Ahbee Festival inc., un festival autochtone de toutes les nations sous la direction de Lisa Meeches d’Eagle Vision Productions.

 

CANDICE LIPISCHAK

Candace Lipischak est la propriétaire et la patronne de Productions Canart Productions, une entreprise de graphisme, d’éditique et d’impression qu’elle a lancée en 2007. Forte de ses racines francométisses d’Otterburne, au Manitoba, Candace est également une artiste multidisciplinaire qui s’inspire de ce qui l’entoure là où elle vit, le long de la rivière Rat. Son amour pour la photographie et la batterie, la sculpture du saule jaune et la peinture ont amené Candace à découvrir une nouvelle passion pour le recyclage haut de gamme. Elle crée des œuvres uniques à partir du fer-blanc, du fer forgé, des couvercles de bocaux en vitrail peint à la main et de bois de grange recyclé trouvé à la ferme. Son art témoigne de son amour pour le graphisme et tout ce qui a trait à la créativité et à la nature et de sa capacité à sortir des sentiers battus.